Hydrorégénération des chaussées
Objet et supports
Campagnes annuelles d’hydrorégénération pour améliorer l’adhérence et rétablir la macrotexture de chaussées ressuantes ou à revêtement hydrocarboné fermé ; le procédé peut aussi préparer une nouvelle couche de surface. Les supports concernés sont les bétons bitumineux, enrobés coulés à froid et enduits superficiels d’usure, anciens ou non, ressuants ou non. Les surfaces traitées peuvent couvrir toute la chaussée ou une partie de sa largeur. À titre indicatif, le réseau départemental en section courante représente 2 886 km et 17 000 000 m² revêtus.
Préparation et exécution
Le titulaire reconnaît les supports, estime les épaisseurs de liant à décaper, caractérise les volumes et la dangerosité des déchets, puis établit le planning et le PGED. Le traitement comprend le décapage à l’eau sous haute pression, puis l’aspiration de l’eau et des résidus. L’atelier comprend au minimum le ravitaillement en eau, une cuve tampon, un groupe motopompe et des outils de projection montés sur camion, ainsi qu’une aspiratrice. Les propositions d’assurance qualité indiquent notamment pression, vitesse d’avancement, hauteur et angle de projection et largeur traitée. Le procédé doit aspirer immédiatement et simultanément l’eau et les résidus ; l’eau d’apport est fournie par le titulaire, sans additif chimique ni abrasif.
Les chantiers sont programmés et menés en continu pendant la campagne. Ils sont majoritairement réalisés de jour, mais des travaux de nuit peuvent être commandés, notamment en milieu urbain ou sur des axes à fort trafic. La circulation est maintenue par déplacement sur l’autre voie ou alternat ; la remise en circulation intervient après nettoyage complet et élimination de tout risque de glissance. Les commandes peuvent inclure des zones continues, discontinues ou morcelées. Des chantiers distants d’au plus 5 km entre les extrémités les plus proches sont considérés comme un même chantier.
Signalisation, propreté et déchets
Le titulaire fournit, met en place, entretient, surveille et replie la signalisation temporaire, avec alternat manuel K10 ou feux tricolores à décompte selon les besoins. Il assure le balayage-aspiration et le nettoyage immédiat des rejets, ainsi que la remise en état des lieux. Les véhicules de transport des déchets doivent être étanches ; aucun déversement, même temporaire, sur chaussée, accotements, fossés ou ouvrages d’assainissement pluvial n’est toléré. Les aires de stockage intermédiaire sont choisies par le titulaire, mais sont proscrites à proximité des grilles, cours d’eau et points de captage de nappe.
Le titulaire collecte, transporte et fait traiter les déchets liquides ou pâteux (eaux souillées, fines, débris de granulats et résidus bitumineux) dans une filière ou un centre agréé, sans rejet dans le milieu naturel ou le réseau pluvial. Il en assure la traçabilité jusqu’au traitement final : PGED, bordereaux de suivi des déchets ou justificatifs d’enlèvement/pesée, et bordereaux dématérialisés renseignés sur Trackdéchets. Il remet aussi le bilan environnemental de l’activité.
Contrôles et livrables
Le contrôle intérieur de la profondeur moyenne de texture (PMT), mesurée selon NF EN 13036-1, comprend au minimum 4 essais après traitement par fraction de 1 000 m², par chantier et par voie de circulation ; les mesures sont réparties régulièrement. Pour une chaussée de moins de 5,20 m avec seul marquage des rives, sa largeur est considérée comme la voie de mesure. Les résultats doivent atteindre, pour au moins 80 % des valeurs :
- Enduits superficiels d’usure : PMT ≥ 0,80 mm ; aucune mesure < 0,70 mm ni > 2,2 mm.
- Enrobés coulés à froid et BBTM : PMT ≥ 0,7 mm en granulométrie 0/6, ou ≥ 0,9 mm en 0/8 ou 0/10 ; aucune mesure < 0,6 mm ni > 2,2 mm.
- Enrobés bitumineux BBSG, BBF, BBME ou BBM en 0/10 : PMT ≥ 0,5 mm ; aucune mesure < 0,4 mm ni > 2,0 mm.
En cas de résultats non conformes, le titulaire propose sous 15 jours les mesures correctives à mettre en œuvre. Le maître d’ouvrage peut effectuer des contrôles extérieurs inopinés. Les fiches journalières d’intervention sont renseignées ; les comptes rendus de macrotexture sont transmis par chantier sous 6 semaines après traitement. Le CCAP prévoit par ailleurs la remise de la totalité des contrôles de macrotexture dans les 45 jours après la fin des travaux de la campagne. Les fiches d’identification des chantiers mentionnent notamment RD, PR début et fin, largeur et surface, nature et état du support, ancienneté, classe de trafic et situation dans l’environnement.
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