Retraitement de chaussées
Travaux de chaussée et études associées
L’accord-cadre couvre le diagnostic et le retraitement à froid, in situ, des chaussées, ainsi que les travaux connexes et la réalisation éventuelle de la couche de roulement. Les profondeurs et caractéristiques géométriques des sections sont définies à chaque commande. Les travaux comprennent les études de formulation, la fourniture des constituants, le rabotage et le balayage, le retraitement, le compactage et les contrôles prévus au plan d’assurance qualité.
Avant travaux, le titulaire réalise un diagnostic des structures : sondages au minimum tous les 100 m, en quinconce, davantage si la section est hétérogène, mesures de déflexion si nécessaire et caractérisation des matériaux. Il étudie la formulation propre à chaque section et propose la technique adaptée après examen conjoint avec le laboratoire du Département. La formulation précise notamment les teneurs en eau et en liant, les ajouts nécessaires et les caractéristiques mécaniques attendues.
Retraitement et matériaux
Le retraitement s’effectue sur la largeur de chaussée et à une profondeur variable. Selon les résultats de l’étude, il peut intégrer de l’eau, une émulsion de bitume, un régénérant ou d’autres ajouts. De la grave émulsion, de la GNT 0/20 ou 0/31,5 ou des agrégats d’enrobés peuvent être apportés pour corriger les épaisseurs ou la teneur en liant ; l’étude en indique les tonnages et localisations. Tout dépassement des quantités prévues est à la charge de l’entreprise, sauf validation notifiée par le Service Ponts et Chaussées.
Les granulats sont conformes aux normes NF EN 13043 et XP P18-545 ; pour les granulats de couche de roulement, les caractéristiques indiquées comprennent notamment Los Angeles < 20, MDE < 15 et PSV > 50. L’eau d’apport est de type 1 selon NF P98-100. Pour les retraitements de classes II et III, le fraisat doit présenter un D < 25 mm ; les éléments supérieurs à 40 mm ou les plaques doivent être retirés ou réduits. Le dosage en eau est ajusté selon l’humidité, la météo et l’étude ; le dosage en liant peut varier au plus de 20 % en valeur relative par rapport au dosage prévu.
Le matériel doit être adapté à l’objectif de qualité : le CCTP indique un coefficient HEPIL minimal de 33333 en R1 et de 32222 en R2. Si un sol support argileux empêche le choix R1, un objectif R2 est imposé avec traitement mixte chaux et ciment/bitume. La mise en place se fait au finisseur ou à la niveleuse. Une planche d’essai de compactage d’au moins 100 m valide l’atelier, les passes et l’objectif de compacité ; l’atelier de base comprend au minimum un compacteur vibrant VT2 et un compacteur à pneus lestés à 3 t par roue. Un enduit de scellement peut être demandé selon les conditions et le délai de mûrissement.
Les objectifs de formulation dépendent de la classe : en classe I, essai Duriez r/R ≥ 0,55 et Rc à 14 jours ≥ 1,5 MPa ; en classe II, vides ≤ 15 %, r/R ≥ 0,65 et Rc à 14 jours ≥ 3 MPa ; en classe III, vides ≤ 14 %, r/R ≥ 0,70 et Rc à 14 jours ≥ 5 MPa. Pour les classes II et III, l’essai PCG vise au plus 25 % de vides à 100 girations. Pour un retraitement à l’émulsion, la compacité Duriez finale est comprise entre 88 % et 93 %, la résistance moyenne à la compression à 14 jours entre 5 et 6,5 MPa et le rapport immersion/compression supérieur à 0,75. En réception, le module E₂/EV₂ doit atteindre au minimum 50 MPa en R2 pour les voiries à faible trafic et dépasser 100 MPa en R1 pour les voiries à fort trafic.
Couches de roulement, préparation et calendrier des chantiers
Après mûrissement, la couche de roulement peut être un enduit superficiel d’usure, un enrobé bitumineux à chaud ou un enrobé à l’émulsion ; elle doit respecter les normes applicables. Une couche d’accrochage peut être demandée avant les enrobés. Les travaux préparatoires peuvent comprendre purges, assainissement, dérasement des accotements, délignement des rives et rabotage. Le marché comprend aussi, si nécessaire, le réglage d’accotements et les remises à la cote. La signalisation verticale ou horizontale définitive et la signalisation de déviation en cas de route barrée sont exclues.
Le retraitement est prévu entre le 1er avril et le 30 juin pour permettre, après mûrissement, une éventuelle couche de roulement à l’émulsion avant le 31 juillet. Hors de cette période, les travaux sont exceptionnels et soumis à l’accord préalable du Service Ponts et Chaussées. Le délai de chaque commande est précisé sur celle-ci ; sa durée maximale d’exécution est de 3 mois.
Pour les enrobés à chaud, la centrale est de niveau 2 selon NF P98-150, équipée d’un système d’acquisition de données et dimensionnée selon les délais de commande. Les camions empruntent les itinéraires agréés, sont bâchés et ne bénéficient d’aucune tolérance de surcharge. Pour les enduits superficiels, l’application est interrompue sous la pluie et la chaussée doit être sèche pour la reprise ; les rejets sont éliminés selon le trafic et la situation du chantier, dans certains cas sous 10 jours au maximum.
Qualité, contrôles et livrables
Le titulaire remet un SOPAQ avec son offre, puis un PAQ avant démarrage, complété par les études de formulation. Le PAQ décrit notamment les matériaux, procédures d’exécution, interfaces, contrôles, points d’arrêt et traitement des non-conformités. Un laboratoire agréé intervient pour les études et le contrôle externe. Les comptes rendus du contrôle interne sont remis au maître d’œuvre le lendemain des travaux avant 12 h ; un DOE en trois exemplaires, comprenant la synthèse des résultats et des photographies des phases de travaux, est remis à l’achèvement.
L’épreuve de convenance comprend notamment des contrôles de fragmentation, d’humidification et de liant, d’épaisseur, d’interface, d’eau, de granularité et de caractéristiques du liant. Les couches de roulement font l’objet de contrôles de réception : 20 mesures de macrotexture par chantier, contrôles de vides et, selon les problèmes rencontrés, carottages d’épaisseur et de collage. Les objectifs de macrotexture après travaux sont notamment, pour BBSG 0/10, au moins 0,5 pour 90 % des valeurs et une moyenne cible de 0,7 ; pour BBSG 0/14, au moins 0,6 pour 90 % et une moyenne cible de 0,8 ; pour BBS, respectivement 0,5 et 0,6 ; pour BBE, 0,5 et 0,7. Les taux de réussite visuels requis pour les enduits superficiels sont de 95 % en réseaux A et B, 92 % en réseau C et 90 % en réseau D. Des reprises, réfactions ou pénalités sont prévues en cas de non-conformité.
La présence éventuelle d’amiante fait l’objet d’une reconnaissance préalable ; les travaux de retrait des enrobés amiantés sont exclus et relèvent d’une consultation spécifique. La présence de HAP fait également l’objet d’une reconnaissance ; le fraisat est valorisé ou éliminé selon les seuils réglementaires.
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