Étude des ressources souterraines stratégiques
- Date limite
- 19 novembre 2026 à 12 h
- Localisation
- Moustiers-Sainte-Marie (04)
- Durée
- 3 ans ; achèvement prévisionnel au 31/12/2029 ; prolongation possible selon le CCAG-PI, art. 13.3
- Budget
- Non précisé
Caractérisation et préservation des ressources en eau souterraine
L’étude identifie les ressources stratégiques de la masse d’eau FRDG139 pour l’alimentation en eau potable, délimite leurs zones de sauvegarde et propose des mesures de préservation concertées. Elle s’appuie sur les données existantes, leur analyse critique et des investigations complémentaires ciblées. Le périmètre couvre les unités karstiques étudiées, hors unité des Frayères, et intègre notamment les sources de la Siagnole, du Baou Roux, du Neisson, de Camandre et du Moulinet, ainsi que le forage de Sainte-Brigitte.
Ressource, recharge et usages
La première phase rassemble les connaissances bibliographiques et les bases de données, puis caractérise la géométrie, la fracturation, la karstification, l’infiltration et les écoulements des unités hydrogéologiques. Elle comprend des reconnaissances préliminaires de terrain : relevés géologiques et karstologiques, mesures in situ et photographies. Les échanges entre eaux souterraines et eaux de surface sont étudiés, avec identification des pertes et apports, quantification par tronçon lorsque les données le permettent et synthèse cartographique. La qualité des eaux est actualisée à partir des données disponibles et des informations des services locaux.
L’évaluation de la recharge actuelle repose notamment sur un bilan de Thornthwaite et les données météorologiques SAFRAN (mailles de 8 × 8 km), complétés par l’examen des données de réserve utile, notamment celles de l’INRAE (résolution de 10 km). La méthode de passage de la pluie efficace à la recharge doit être justifiée et discutée de façon critique, et la recharge issue des pertes des cours d’eau évaluée selon les données disponibles. Les résultats comprennent des évaluations mensuelles, saisonnières et annuelles, avec cartes PDF et données au format shapefile.
Pour la recharge future, l’étude mobilise le scénario RCP8.5 et quatre narratifs Explore2-Climat. Elle examine les horizons 2021–2050, 2041–2070 et 2071–2099/2100, aux échelles annuelle, hydrologique, saisonnière et mensuelle : analyse et correction des biais, estimation de la recharge future et comparaison à la période de référence pour chaque narratif, sans moyenner les narratifs. La possibilité d’utiliser les projections Explore2 de débits de l’Artuby et du Jabron pour estimer la recharge liée aux pertes doit également être examinée.
Le bilan des usages recense les prélèvements et besoins actuels, la dépendance des collectivités aux aquifères et les éventuelles tensions. Les besoins en eau potable sont projetés à 15 et 30 ans, en tenant compte des évolutions démographiques, des rendements de réseaux et des besoins de territoires raccordables. Un modèle conceptuel synthétise unités, recharge, écoulements, entrées et sorties, usages et qualité de l’eau. Les ressources sont présélectionnées et hiérarchisées selon leur productivité et disponibilité, la qualité de l’eau et les pressions ou risques.
Zones de sauvegarde et actions
La deuxième phase caractérise les secteurs retenus : fonctionnement hydrogéologique, recharge et vidange, qualité, vulnérabilité, pressions, besoins actuels et futurs, potentiel restant et faisabilité de captages. Les bilans hydrologiques sont examinés à l’échelle mensuelle. Les investigations complémentaires sont proposées et motivées par unité stratégique, avec leurs apports attendus et différents niveaux d’ambition ; leur choix est discuté avec la maîtrise d’ouvrage et le COTECH.
Pour chaque ressource, les zones de sauvegarde incluent les captages existants et leur bassin d’alimentation, ou les secteurs favorables à de futurs captages et leur impluvium. Les fiches d’identité présentent notamment les caractéristiques hydrogéologiques, l’exploitation, les pressions, la qualité de l’eau et la situation au regard de la planification et de l’urbanisme. Les couches de zones sont livrées en shapefile, en Lambert 93 (EPSG 2154), en polygones ou multipolygones, avec contrôles de topologie et sans superpositions ni dépassement du périmètre de la masse d’eau.
La troisième phase élabore, par secteur, des mesures de préservation hiérarchisées et opérationnelles, avec bénéfices attendus, acteurs concernés, coûts, délais et moyens à mobiliser. Elle comprend deux ateliers de présentation et de concertation envisagés, des supports de vulgarisation, des comptes rendus et un rapport de synthèse, puis la mise à jour des fiches selon les échanges. Les documents sont remis en formats modifiables, puis en PDF après validation ; les cartes sont fournies en PDF et dans leur format d’origine, et les illustrations dans leur format source.
Prestations supplémentaires éventuelles
L’offre doit décrire et chiffrer chacune des cinq PSE, dont la mise en œuvre peut être proposée en fonction des lacunes de connaissance :
- Reconnaissances de terrain complémentaires : levés géologiques, investigations spéléologiques et interprétations karstologiques. Le DQE prévoit 30 journées de chef de projet/expert, 10 d’ingénieur d’études, 7 de technicien, 5 de spéléologue et 0 de directeur de projet.
- Traçage : un traçage estimatif, avec un point d’injection, cinq points de restitution et un suivi d’un mois pour la comparaison des offres. Le traceur fluorescent doit être compatible avec l’usage AEP et inoffensif pour l’environnement, présenter une forte dilution, une faible adsorption et un seuil de détection faible. Le protocole précise notamment traceur et quantité, injection, suivi et communication aux acteurs.
- Instrumentation : le DQE prévoit trois stations piézométriques mesurant pression, température et conductivité, et deux stations de mesure de débit. Matériel, installation et maintenance sont inclus ; le suivi continu porte sur une année hydrologique et chaque station fait l’objet d’une fiche d’identité.
- Prélèvements d’eau et analyses : le DQE prévoit deux journées de prélèvements en eaux de surface ou sources, deux en eaux souterraines, dix analyses de fonctionnement hydrogéologique et dix analyses relatives à la potabilité. Un maximum de deux campagnes synchrones est prévu, en hautes et basses eaux. Les analyses peuvent inclure paramètres in situ, éléments majeurs et traces, isotopes et datation CFC/SF6 ; les contaminants de la liste réglementaire citée peuvent également être analysés.
- Jaugeages différentiels : cinq journées estimatives, notamment sur l’Artuby et le Jabron, pour quantifier apports souterrains et pertes karstiques, avec mesures d’amont en aval et de part et d’autre des pertes visibles.
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