Réalisation de digues provisoires
Travaux de digues provisoires et remise en état
Le marché porte sur la réalisation, l'exploitation, l'adaptation et le retrait de digues provisoires nécessaires à la réparation des piles P3, P4 puis P2 du viaduc. Les prestations comprennent les accès, la mise à sec, la gestion des eaux, la continuité hydraulique, les transferts de matériaux et la remise en état du lit et des emprises. Les travaux de réparation des appuis eux-mêmes, notamment l'hydrodémolition, le béton projeté, les mortiers de réparation, les injections et les revêtements, sont exclus mais les ouvrages provisoires doivent rester compatibles avec ces interventions.
Préparation, études et organisation
Le titulaire réalise notamment une mission géotechnique G3, les reconnaissances complémentaires, les relevés topographiques et bathymétriques, les études d'exécution, les notes de stabilité, la modélisation 3D/MNT, les cubatures, les plans de phasage, les procédures, le PAQ, le PAE-TE, le plan de gestion des crues, le plan de retrait et le plan de circulation. Les documents d'exécution d'une phase sont transmis au maître d'œuvre au plus tard 30 jours avant son exécution. La modélisation 3D doit intégrer le terrain naturel, le lit mineur, les digues P3/P4 et P2, la piste inter-rives, les buses, les zones de prélèvement, de dépôt et de régalage.
Le chantier comprend les installations de chantier, bases vie, clôtures, zones de stockage et de tri, ateliers, atelier météo, signalisation, gardiennage, branchements en eau et électricité, salle de réunion de 20 personnes et bureau équipé pour la maîtrise d'œuvre. Le titulaire fournit et entretient les pistes et plateformes, assure les accès en rive droite et en rive gauche, les adaptations ponctuelles, le rebouchage des ornières, la circulation des engins et la remise en état.
Digues, terrassements et matériaux
Les phases principales sont :
- création d'une digue autour des piles P3 et P4, mise à sec et traitement des piles ;
- retrait partiel, réemploi des matériaux, création de la piste provisoire inter-rives et transfert vers la pile P2 ;
- création de la digue autour de la pile P2 et mise à sec ;
- retrait des ouvrages provisoires, régalage des matériaux, rétablissement des écoulements et remise en état.
Les quantités indicatives comprennent environ 7 340 m³ de matériaux alluvionnaires et 780 m³ d'enrochements pour la digue P3/P4, puis environ 4 550 m³ de matériaux alluvionnaires et 510 m³ d'enrochements pour le prolongement et la digue P2. Le détail estimatif prévoit notamment 810 m³ d'apports alluvionnaires de l'Albarine, 1 370 m³ d'apports extérieurs, 110 m³ puis 50 m³ de grave naturelle 0/100, 2 320 m² puis 1 650 m² de géotextile, 30 ml de busage avec 2 buses de diamètre intérieur 800 mm et 120 ml avec 6 buses de diamètre intérieur 1 800 mm.
Les digues ont une largeur minimale en crête de 3,50 m lorsque la circulation est requise et de 2,00 m dans le cas contraire, avec des talus de 3H/2V. Elles sont principalement constituées de matériaux alluvionnaires, complétés par des protections en enrochements 80-300 kg et une couche de roulement ou de finition en grave. Les matériaux d'apport doivent être agréés avant approvisionnement ; les matériaux contaminés, organiques, pollués ou porteurs d'espèces invasives sont refusés. La GNT 0/31,5 relève des normes XP P 18-545, NF EN 13242 et NF EN 13285. La GNT 0/100 est mise en œuvre en couche de réglage de 25 cm, avec contrôle de surfaçage tous les 10 m et tolérances de 1,5 cm en travers et 1,0 cm en long.
Les géotextiles sont marqués CE et certifiés ASQUAL. Le type séparatif doit notamment présenter Tmax ≥ 25 kN/m, εmax > 50 % et Pd ≤ 17 mm ; le type filtrant F1, Tmax > 10 kN/m, εmax > 50 %, Pd ≤ 30 mm, perméabilité ≥ 0,05 m/s et ouverture de filtration comprise entre 60 et 100 µm ; le type F2, Tmax > 19 kN/m, εmax > 50 %, Pd ≤ 20 mm, perméabilité ≥ 0,05 m/s et ouverture de filtration comprise entre 60 et 100 µm.
Les enrochements doivent être en roche saine, non gélive, de porosité inférieure à 2 % ou faire l'objet d'une vérification de non-gélivité entre 2 et 5 %, de masse volumique supérieure à 2,6 t/m³, avec MDE < 20, indice de continuité > 70 et Los Angeles < 25. La blocométrie est 80/300 kg. Les blocs sont posés du bas vers le haut, imbriqués, sans déversement depuis la crête, sans blocs en aiguille, en écaille ni nids de petits blocs.
Hydraulique, mise à sec et contrôles
La continuité hydraulique est assurée par 2 buses de diamètre intérieur 800 mm pour la lône et 6 buses de diamètre intérieur 1 800 mm pour la traversée du lit mineur. Les buses sont galvanisées, dimensionnées pour les débits, les charges de chantier et les conditions de retrait, puis agréées avant approvisionnement.
La mise à sec est progressive. Les eaux sont collectées par puisards, pompes et conduites, puis décantées et filtrées avant rejet. Les 50 derniers centimètres d'eau font l'objet d'un pompage spécifique vers une fosse de décantation. Le contrôle porte notamment sur la turbidité, les matières en suspension, le pH, la température et la conductivité ; aucun rejet n'est autorisé en cas de dépassement des seuils applicables. Le BPU prévoit des prélèvements hebdomadaires par station, avec trois stations au minimum, des prélèvements élémentaires toutes les deux heures pendant 8 heures, des mesures de pH, température, conductivité et oxygène dissous, ainsi que des analyses de MES et d'hydrocarbures sur échantillon moyen.
Le titulaire réalise les pêches de sauvegarde avant fermeture des batardeaux. Pour la phase P2, une première pêche intervient dans les 48 heures précédant les travaux et une seconde après fermeture du batardeau et abaissement du niveau à environ 50 cm ; des pêches complémentaires peuvent être prescrites après crue ou avant reprise du pompage.
Le plan d'alerte crue comprend la veille Vigicrues, les échanges hebdomadaires avec EDF, les seuils de vigilance et de repli, l'astreinte, l'évacuation du personnel, des engins et des produits polluants, ainsi que l'inspection des ouvrages après chaque épisode significatif. La piste inter-rives ne peut être réalisée qu'à bas débit, inférieur à 22 m³/s. Les débits de référence sont de 191 m³/s en août et 343 m³/s en septembre.
Environnement, interfaces et fin de chantier
Le titulaire met en œuvre le PAE-TE, le SOSED, le suivi environnemental, le balisage des zones sensibles, la prévention des pollutions, la gestion des déchets, la gestion des espèces exotiques envahissantes, le maintien de l'activité canoë et les reportings mensuels. Les matériaux alluvionnaires sont réemployés prioritairement entre les phases puis régalés dans le lit ; les éléments artificiels, buses, géotextiles, déchets et protections provisoires sont retirés.
Il assure la coordination avec les travaux de réparation des piles, le maître d'ouvrage, le maître d'œuvre, le CSPS, l'écologue, les prestataires de pêche, EDF, le SR3A, les services de l'État et les usagers de la rivière. La fin des travaux comprend le retrait complet des installations, digues, pistes, buses et géotextiles, le déplacement ou l'évacuation des enrochements, le régalage et reprofilage du lit, les relevés topographiques et bathymétriques finaux, le nettoyage et la remise en état des emprises.
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Critères d'évaluation
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