Contrôle et diagnostic des réseaux d’assainissement
Contrôles de réception et diagnostics des réseaux d’assainissement
Le titulaire réalise, sur les réseaux d’assainissement existants ou nouvellement créés, les contrôles de compactage, les inspections visuelles et télévisuelles, les contrôles d’écoulement ainsi que les essais d’étanchéité à l’air ou à l’eau. Les prestations comprennent les regards, boîtes de branchement, branchements, collecteurs, postes de refoulement et ouvrages annexes. Elles sont encadrées notamment par les fascicules 70-1 et 71, les normes NF EN 1610, NF EN ISO/CEI 17020 et NF EN 13508-2, ainsi que les guides techniques de l’ASTEE.
Le prestataire doit être accrédité par le COFRAC selon l’annexe A, B ou C de la NF EN ISO/CEI 17020 pour les trois types de contrôles requis. Il doit rester indépendant de l’entreprise de pose et ne peut pas contrôler les travaux de cette entreprise.
Préparation et organisation
Les opérations comprennent la reconnaissance du site, la vérification de l’approvisionnement en eau lorsque nécessaire, les démarches administratives, l’amenée et le repli du matériel, la protection et la signalisation du chantier, ainsi que l’établissement d’un programme d’intervention et d’un calendrier spatial et chronologique soumis à validation. Le prestataire prévoit, si la continuité du service l’exige, l’obturation, la dérivation ou la régulation des effluents en coordination avec l’exploitant.
Le réseau doit être curé avant inspection. Pour une inspection télévisuelle, une bâchée de 8 m³ d’eau est réalisée en tête de réseau afin de révéler les stagnations. La fourniture d’eau relève du maître d’ouvrage. Les essais d’étanchéité interviennent après remblayage, avant réfection des chaussées, tandis que les inspections télévisuelles interviennent après remblayage, contrôles de compactage et contrôle d’écoulement, de préférence avant la réfection définitive des regards.
En présence d’amiante, les interventions d’hydrocurage et d’ITV suivent une procédure SS4 : note méthodologique, formation, équipements de protection spécifiques et hydrocurage basse ou moyenne pression avec, si nécessaire, filtration directe ou filtration des boues de curage.
Réseaux neufs et diagnostics de réseaux existants
Pour les réseaux neufs, les contrôles portent notamment sur l’état et la propreté des ouvrages, l’alignement, les emboîtements, les raccordements, les joints, la section du tuyau et la régularité de la pente, avec localisation des points hauts, points bas et flaches. La séquence prévue est :
- hydrocurage pré-ITV ;
- contrôle de l’écoulement ;
- contrôle de compactage ;
- reconnaissance visuelle par caméra ;
- essai d’étanchéité.
Les diagnostics des réseaux existants sont précédés d’un curage très soigné avec extraction complète des sables et dépôts. Ils établissent le fonctionnement hydraulique, les obstacles à l’écoulement, les infiltrations, le tracé, les points particuliers et le profil de la canalisation, et peuvent servir à préparer des travaux de réparation ou de renouvellement.
Essais d’étanchéité
Les essais concernent les collecteurs principaux, collecteurs de branchements, regards et boîtes de branchement. La méthode à l’air est préconisée, mais la méthode à l’eau fait foi en cas de litige ; elle est obligatoire lorsque le réseau est situé sous une nappe phréatique. Les essais sont réalisés par tronçon, avec obturation des extrémités, selon la NF EN 1610.
Pour la méthode à l’eau, la pression est comprise entre 10 kPa (1 mCE) et 50 kPa (5 mCE), avec une durée d’essai de 30 minutes ± 1 minute. La mesure du volume d’eau doit avoir une précision de 0,1 l. Le résultat est positif si la perte ne dépasse pas 0,15 l/m² de surface mouillée pour les canalisations ou 0,40 l/m² pour les regards et boîtes de branchement. Une imprégnation préalable peut atteindre 24 h pour le béton ou les revêtements à liant hydraulique et 1 h pour le PVC, la fonte, l’amiante-ciment ou le grès.
Pour la méthode à l’air, les protocoles LB, LC et LD sont utilisés, à l’exclusion du protocole LA. Les regards de diamètre nominal inférieur ou égal à 1 250 mm et les boîtes de branchement sont contrôlés selon le protocole LB. La pression initiale est maintenue environ 5 minutes à environ 110 % de la pression d’essai ; l’essai est positif si la chute de pression reste sous la limite applicable au matériau, au diamètre et au temps d’essai. La précision de mesure du temps est de ± 2,5 s.
Contrôles de compactage
Les contrôles sont réalisés au pénétromètre dynamique selon les normes XP P 94-063 ou XP P 94-105, par comparaison avec des courbes de référence ou une planche d’essai. Ils couvrent le remblai, la zone d’enrobage et la zone située jusqu’à 40 cm sous le lit de pose, sauf refus à l’enfoncement ou accord explicite du maître d’œuvre. En cas de couverture importante ou de géosynthétique, le contrôle est réalisé en deux étapes.
La fréquence minimale est la suivante :
- un contrôle par tronçon ou tous les 50 m pour les canalisations gravitaires ;
- un contrôle tous les 3 regards ou boîtes de branchement, entre 0,30 m et 0,50 m de la paroi extérieure ;
- un contrôle statistique d’au moins 1 branchement sur 5 ;
- un contrôle tous les 100 m au minimum pour les réseaux sous pression ou sous vide.
Les points sont implantés à environ 15 cm des plans verticaux tangents à la canalisation et à 50 cm au maximum de la paroi des dispositifs de visite ou de contrôle. Lorsque l’identification des matériaux est effectuée simultanément, les interventions sur les chantiers de grande longueur sont limitées à 10 points au maximum. Les essais d’identification complémentaires peuvent constituer une prestation optionnelle à prix unitaires.
Les rapports indiquent les pénétrogrammes, les objectifs de compactage, les matériaux, la position des sondages, la cote du radier, les anomalies et leur gravité. En cas de non-conformité, un contre-essai puis, si nécessaire, un troisième essai sont réalisés ; le résultat du troisième essai détermine la conformité du tronçon.
Inspections visuelles et télévisuelles
L’inspection visuelle couvre les boîtes de branchement, regards, canalisations visitables et ouvrages annexes. Les anomalies sont photographiées et repérées en altitude par rapport au radier.
L’ITV est réalisée sur la totalité du réseau avec une caméra panoramique couleur à tête tournante à 360°, adaptée au diamètre et centrée dans la canalisation. Elle doit indiquer la distance parcourue et intégrer un inclinomètre. Les défauts, branchements, joints, infiltrations, contre-pentes et flashes sont localisés et codifiés selon la NF EN 13508-2. Chaque défaut fait l’objet d’une photographie ; un ralentissement est prévu au niveau des joints et les joints défectueux font l’objet d’une inspection circulaire.
Rapports et restitution
Le titulaire remet les résultats des essais, les plans et schémas de localisation, les fiches d’anomalie, les photographies, les pénétrogrammes, les courbes d’inclinomètre et les rapports de conformité ou de non-conformité. Le dossier d’ITV comprend notamment le film vidéo couleur ; le DVD complet du passage caméra est fourni en un exemplaire lorsqu’il est demandé.
Le CCTP prévoit un procès-verbal ou rapport d’essais en 3 exemplaires papier et en version numérique. La section relative aux documents à fournir prévoit par tranche de travaux un rapport en 2 exemplaires, complété par les documents numériques et un DVD du passage caméra. Les résultats non concluants sont communiqués au maître d’œuvre par téléphone et courriel sous 24 heures, puis les contrôles sont renouvelés jusqu’à obtention de résultats satisfaisants.
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